Audio : votre meilleur investissement
- Thomas FILLEZ

- 24 janv.
- 5 min de lecture
Les audiences pardonnent une image imparfaite. Pas une voix inaudible.C’est brutal, mais c’est vrai : si le son est mauvais, le cerveau fatigue, l’attention décroche, et le scroll arrive. À l’inverse, un son propre donne instantanément une sensation de sérieux, même si l’image n’est “pas parfaite”. C’est pour ça que l’audio est souvent le meilleur investissement en production vidéo : il améliore tout, tout de suite.
Le piège classique, c’est de mettre toute l’énergie sur la caméra, la lumière, le décor… puis de “laisser le micro de la caméra faire le job”. Résultat : voix lointaine, réverb, bruit de fond, et un rendu qui fait amateur. Et ce n’est pas une question de talent : c’est une question de méthode.
Dans cet article, on voit une méthode simple et concrète pour sécuriser un son propre sur n’importe quel tournage, même léger, même en solo.
1) Comprenez l’objectif : la voix doit être facile à écouter
Le bon son ne doit pas “impressionner”. Il doit être confortable.Si quelqu’un écoute votre vidéo dans le métro, dans une cuisine, ou avec un écouteur bas de gamme, il doit quand même comprendre.
La règle est simple :
si le spectateur doit faire un effort pour entendre → il part,
si la voix est claire et stable → il reste.
C’est aussi une question de marque : une voix audible et propre donne une impression de maîtrise. Elle dit : “On sait ce qu’on fait.”
2) Micro proche (toujours) : la règle n°1
Le micro doit être proche. Toujours.Parce que la distance, c’est l’ennemi numéro un : plus le micro est loin, plus il capte la pièce, la réverb, les bruits et l’air, et moins il capte la voix.
En pratique :
un micro-cravate bien placé, c’est souvent la solution la plus simple pour de l’interview, du face cam, du contenu pédagogique,
un micro canon (shotgun) peut être excellent, mais il doit être proche et bien orienté,
le micro de la caméra est un “micro de secours”, pas un micro principal.
Pro tip : si vous hésitez entre “bien cadrer” et “micro plus proche”, mettez le micro plus proche. Une image un peu moins parfaite se rattrape plus facilement qu’un son mauvais.
3) Testez le niveau avant de tourner (sinon vous jouez à la loterie)
Un son propre, ce n’est pas seulement “avoir un micro”. C’est aussi enregistrer au bon niveau.
Avant de tourner, faites un test de 10 secondes :
la personne parle au volume normal,
vous écoutez au casque si possible,
vous vérifiez que ça ne sature pas,
et vous laissez une marge.
Pourquoi ? Parce que sur un tournage, l’énergie varie. On parle plus fort quand on est à l’aise, on rit, on insiste, on se rapproche. Si vous réglez trop haut, vous saturez au premier pic. Et une saturation, c’est souvent irrécupérable.
Le bon réflexe : enregistrer un peu plus bas plutôt que trop haut.Votre objectif, c’est une voix stable, sans écrêtage, avec de la marge.
4) Coupez les bruits “bêtes” (ça vaut 5 minutes pour gagner 1 heure)
La plupart des bruits qui ruinent une prise ne sont pas “inévitables”. Ils sont juste oubliés.
Avant d’enregistrer :
coupez le frigo si possible (ou éloignez-vous),
coupez le ventilo / la clim si c’est supportable,
fermez les fenêtres si la rue est bruyante,
éloignez les sources de buzz (néons, transformateurs, chargeurs),
demandez un silence autour pendant 20 secondes.
C’est le genre de choses qui semblent “petites” sur le moment, mais qui font une énorme différence au montage. Parce qu’un bruit constant devient un tapis sonore pénible. Et si vous devez le nettoyer trop fort, vous abîmez la voix.
Pro tip : faites une pause et écoutez. Si vous entendez un bruit maintenant, la caméra l’entendra aussi — souvent plus fort.
5) Prenez 20 secondes d’ambiance : votre arme secrète au montage
C’est une astuce de pro très simple : enregistrez 20 secondes du son de la pièce, sans parler.On appelle ça “room tone” ou “ambiance”.
Pourquoi c’est magique ?
ça permet de lisser les coupes,
ça évite les silences “vides” qui font artificiel,
ça aide à masquer des micro-changements entre prises,
ça rend le montage plus naturel.
Quand vous coupez une phrase, le bruit de fond change. Sans ambiance, on entend les “trous” et les variations. Avec une ambiance constante, tout devient fluide.
Règle pratique : faites-le au début, et refaites-le si vous changez de pièce ou de position.
6) Double sécurité : micro + enregistreur (si possible)
Quand le contenu est important (interview client, tournage unique, événement), la double sécurité n’est pas du luxe : c’est de la production intelligente.
Double sécurité = enregistrer deux fois :
un micro principal (cravate ou canon),
et une seconde source (enregistreur, seconde piste, ou micro de caméra en secours).
Pourquoi ? Parce qu’un tournage, c’est fragile :
une pile peut lâcher,
un câble peut bouger,
un micro peut frotter sur un vêtement,
une fréquence peut être parasitée,
une carte peut avoir un problème.
Le but n’est pas de “faire compliqué”. Le but est d’éviter la catastrophe.
Et quand vous avez une piste de secours, vous filmez plus sereinement. Donc vous filmez mieux.
7) Faites de l’audio un élément de marque (pas seulement un aspect technique)
L’audio n’est pas juste “propre ou pas propre”. Il participe à l’identité.
Posez-vous ces questions :
Votre marque doit-elle sonner “studio” (propre, net, très contrôlé) ?
Ou “proche” (voix plus intime, légère présence d’ambiance, authentique) ?
Musique oui/non ? Quel style ? Quel niveau ?
Est-ce que vous voulez une signature sonore (jingle, transition, son d’impact discret) ?
Une marque reconnaissable, c’est souvent une marque qui a une cohérence sonore :
même type de voix,
même niveau de musique,
même style d’ambiance,
même dynamique.
Le son devient alors une autorité douce : on comprend, on fait confiance, on reste.
8) Les erreurs classiques qui ruinent le son (et comment les éviter)
Micro trop loin → voix faible + réverb.
Pas de test niveau → saturation ou volume trop bas.
Bruits constants ignorés → nettoyage difficile et voix abîmée.
Pas d’ambiance → coupes qui s’entendent.
Une seule source → risque de perte.
La bonne nouvelle, c’est que ces erreurs se corrigent avec des réflexes simples, pas avec du matériel hors de prix.
9) Checklist express : un son propre en production
✅ Micro proche (toujours)
✅ Test niveau avant de tourner
✅ Bruits éliminés (frigo, ventilo, fenêtres)
✅ 20 secondes d’ambiance enregistrées
✅ Double sécurité si possible
Conclusion : le son, c’est l’autorité de votre marque
Une image moyenne peut passer. Un son mauvais fait fuir.Un son propre, lui, installe immédiatement une perception de qualité. Il rend la parole crédible, le message clair, et l’expérience confortable. Et cette sensation de confort, c’est exactement ce qui crée de la confiance.
C’est pour ça que l’audio est votre meilleur investissement : il ne se voit pas, mais il se ressent. Et ce que l’on ressent devient une opinion sur votre marque.
Chez La Boîte à Vidéos, on le répète souvent : la qualité sonore, c’est l’autorité. Si vous voulez captiver, commencez par être entendu.


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