Shot list : racontez une histoire avec 10 plans
- Thomas FILLEZ

- 21 janv.
- 5 min de lecture
Une shot list n’est pas une liste. C’est une stratégie narrative.Sur les formats courts, on pense souvent que “c’est rapide, donc on peut improviser”. En réalité, plus une vidéo est courte, plus elle doit être claire. Et cette clarté vient rarement d’un effet ou d’une caméra plus chère : elle vient du fait que vous avez filmé les bons plans, dans le bon ordre de priorité.
Sans shot list, le scénario est presque toujours le même : on tourne “au feeling”, on accumule des images similaires, on oublie le plan de contexte ou le plan de preuve… puis au montage, on se bat pour “raconter” avec ce qu’on a. Résultat : on compense avec des transitions, des zooms, des effets — non pas par style, mais par nécessité.
Le but de cet article : vous donner une méthode simple, universelle, et redoutablement efficace pour construire une shot list qui tient en 10 plans (ou 10 catégories de plans). Avec ça, vous rentrez de tournage avec de la matière montable, fluide et cohérente.
1) Comprenez la règle d’or : même en 20 secondes, il faut un début – milieu – fin
Une vidéo qui retient l’attention est une vidéo qui progresse.Même sur un Reel, même sur une vidéo très “simple”, il faut au minimum :
un début (où on est, pourquoi ça compte),
un milieu (ce qu’on fait, ce qui se passe),
une fin (résultat, preuve, conclusion, prochaine étape).
Votre shot list doit donc être construite comme un mini récit visuel. Pas comme un catalogue.
2) Plan 1 : le plan large (où on est)
Le plan large n’est pas juste “joli”. C’est un plan de contexte. Il installe le monde : le lieu, l’ambiance, l’énergie.
Exemples :
la devanture d’un lieu, une pièce, un atelier, un plateau,
une vue d’ensemble d’un événement,
un large qui montre le décor autour du sujet.
Sans plan large, le spectateur doit deviner. Et quand on doit deviner, on décroche.
3) Plan 2 : le plan moyen n°1 (l’action)
C’est votre premier plan “utile”. Il montre clairement ce qui se passe : un geste, une démonstration, un service, un processus.
Exemples :
la personne qui travaille, prépare, présente,
une action simple et lisible (découpe, assemblage, prise en main),
un échange (client / équipe) si c’est pertinent.
Pensez “compréhension immédiate”. Si on coupe le son, on doit comprendre l’action.
4) Plan 3 : le plan moyen n°2 (variation + respiration)
Deux plans moyens, c’est mieux qu’un : ça vous donne du rythme au montage et évite l’effet “une seule prise”.
Ici, cherchez une variation :
un autre angle,
une distance différente,
un léger mouvement caméra (pan lent, approche légère),
ou une interaction (main qui entre dans le cadre, objet posé, etc.).
Ce deuxième plan moyen sert à rendre la séquence vivante sans la compliquer.
5) Plan 4 : le plan serré n°1 (le détail qui prouve)
Le plan serré, c’est souvent le moment où la vidéo devient crédible. Il montre ce qu’on ne voit pas à distance : la précision, la texture, la preuve.
Exemples :
détail produit, finition, matière,
écran, chiffre, élément concret,
outil, geste technique, petit moment “expert”.
Si vous devez choisir entre un plan “stylé” et un plan “preuve”, prenez la preuve. La preuve retient mieux que le style.
6) Plan 5 : le plan serré n°2 (l’émotion ou l’intention)
Ici, vous cherchez ce qui fait ressentir : un regard, une micro-expression, une intention, une satisfaction, une concentration.
Exemples :
visage au bon moment,
réaction (client, équipe, intervenant),
un “avant → après” qui se lit dans l’attitude.
Même pour une vidéo corporate, l’émotion est un accélérateur d’attention.
7) Plan 6 : le plan serré n°3 (le résultat visible)
C’est le plan qui dit : “Voilà ce que ça donne.”Il peut être très simple, mais il doit être clair.
Exemples :
produit fini,
service délivré,
transformation visible,
avant/après,
moment de reveal.
Sans plan “résultat”, votre vidéo peut sembler incomplète, même si elle est belle.
8) Plan 7 : B-roll “mains / gestes” (l’expertise)
Le B-roll n’est pas du remplissage. C’est ce qui rend votre montage fluide. Le premier B-roll à sécuriser : les mains, les gestes, l’action fine.
Exemples :
main qui ajuste, qui assemble, qui verse, qui écrit,
manipulation d’un objet clé,
micro-actions qui montrent le savoir-faire.
Filmez ces plans en 5–10 secondes : au montage, vous choisissez la meilleure micro-seconde.
9) Plan 8 : B-roll “textures / détails” (le tangible)
Ici, vous capturez la matière, l’univers, le “ressenti”.
Exemples :
texture d’un matériau, d’un plat, d’un tissu,
détails de lieu (enseignes, outils, ambiance visuelle),
éléments graphiques (packaging, logo en situation).
Ces plans donnent une sensation premium parce qu’ils montrent de l’attention.
10) Plan 9 : B-roll “ambiance” (l’énergie)
Un plan d’ambiance, c’est ce qui met de la vie autour de l’action : public, circulation, coulisses, sons, mouvements.
Exemples :
clients dans le lieu, équipe qui échange,
environnement (rue, salle, backstage),
plans qui respirent et créent des transitions naturelles.
L’ambiance sert aussi à masquer les coupes et à installer une atmosphère cohérente avec la marque.
11) Plan 10 : le plan de sécurité (10 secondes stable)
C’est le plan que personne ne veut faire… et que tout le monde regrette d’avoir oublié.
Car il sauve :
les raccords,
les transitions,
les moments où un plan manque,
et il vous donne une respiration au montage.
Choisissez un plan simple, stable, long, utilisable partout : un large fixe, une action fixe, une scène lisible. 10 secondes minimum.
12) Ajoutez une règle de variété (sinon tout se ressemble)
Même avec une shot list parfaite, une vidéo peut sembler plate si tout est filmé au même rythme et au même style. Visez une variété minimale :
au moins un plan fixe,
au moins un plan avec léger mouvement,
au moins un plan serré très lisible,
et un plan “respiration” (ambiance ou sécurité).
Pas besoin de gimbal : une variation intelligente suffit à maintenir l’attention.
13) Évitez ces 4 erreurs (elles ruinent le montage)
Trop de plans moyens, pas assez de serrés → manque de preuve, rendu générique.
B-roll décoratif → joli mais inutile, la vidéo n’avance pas.
Oublier le plan large → pas de repère, pas d’univers.
Oublier le plan de sécurité → montage “bricolage” et stress.
Une shot list sert précisément à éviter ces erreurs avant qu’elles coûtent du temps.
14) Checklist express : une shot list qui raconte (vraiment)
✅ Large / moyens / serrés (contexte → action → preuve)
✅ Détails utiles (texture, geste, résultat)
✅ Plan sécurité (10 secondes stable)
✅ Variété de mouvements (fixe + léger mouvement)
✅ B-roll structuré (mains / textures / ambiance)
Conclusion : moins de plans, mais de meilleurs plans
Une bonne shot list ne cherche pas à tout filmer. Elle cherche à filmer ce qui raconte. Avec ces 10 plans, vous construisez une vidéo complète : un début clair, une action compréhensible, une preuve tangible, une ambiance qui donne envie… et un montage qui respire.
Chez La Boîte à Vidéos, on adore cette approche : sécuriser l’essentiel, simplifier le tournage, puis mettre la créativité au bon endroit. Résultat : des vidéos plus cohérentes, plus fortes, et une marque plus reconnaissable — parce que tout est intentionnel.


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